CHANTCOULEUR 20 mai
Musique de traits, de couleurs, de rythmes, la peinture est pour moi un chant personnel, un monde fascinant de sons colorés qui me fait méditer, ressentir et rêver.
Pour moi la toile est un coeur qui bat sur le grand rythme de tout ce qui est vivant.
Ce rythme rendu visible est un espace inconnu et poétique qui suit les mouvements d’un flux, d’une danse, où les forces et les sentiments exprimés me sont à la fois mystérieux et familiers.
Régis Degraeve.Mai 2009.
Le langage de la peinture 1 avril
Ecriture musicale par excellence, la peinture peut exprimer, par ses tonalités et ses couleurs,des harmonies rythmées, des accords réalisés par le croisement et les complémentarités des couleurs.
Sons et couleurs se répondent : devant le tableau l’oeil écoute la modulation des ombres et des lumières et la mélodie des formes , des gestes colorés.
Dans l’espace de la toile, instant intense, dansent denses, les vibrants archets des violoncelles violets.
Régis Degraeve Avril 2009
Interview de Régis Degraeve, Peintre et Graphologue (ou l’inverse) 10 décembre
Nous te connaissons en tant que Graphologue, mais pas en tant que peintre : peux tu nous expliquer comment et pourquoi tu en es venu à la peinture? Cette passion est elle antérieure ou postérieure à la graphologie?
A l’origine, je suis graphiste – maquettiste, ayant fait un parcours professionnel de 15 ans dans les arts graphiques (1971-1986), avant de devenir graphologue professionnel depuis 1986.
Quelles sont tes sources d’inspiration?
Le paysage et la nature sont ma source d’inspiration principale. Paysages à la limite de l’abstraction : paysage de rochers, de pierres, qui sont devenus rythmes de formes, de couleurs, de traits.
Quels points communs pourrais-tu trouver entre la peinture et la graphologie?
Pour moi, écriture manuscrite et peinture sont des expressions personnelles proches, liées à l’alternance du conscient et de l’inconscient dans le choix et la recherche, l’attrait pour telle couleur, tel geste, telle forme, telle utilisation de l’espace. Les correspondances entre écriture et peinture pourraient se situer davantage au niveau du rythme, de la touche, de la prise d’espace, de l’utilisation et du choix des matières : je pense par exemple à la correspondance, chez un peintre comme Van Gogh, entre sa peinture, ses dessins à la plume et son écriture. Il y a chez lui une expression à la fois forte et fascinante de sa personnalité, une réussite exeptionnelle dans l’authenticité et l’homogénéité de son expression picturale, de son écriture et de son graphisme en général (le rêve pour un peintre). Ce serait peut-être intéressant un jour de faire un exposé sur ce sujet ( je pense également à l’écriture et aux dessins de Victor Hugo qui sont très expressifs de sa personnalité).
Que t’apporte la peinture?
En ce qui me concerne, il y a dans la peinture une recherche de vérité à la fois personnelle et universelle. Finalement peindre, pour moi, c’est révéler, rendre visible mon paysage intérieur, les formes et les couleurs qui me parlent, me touchent et me fascinent, sans pouvoir expliquer pourquoi, mais en ressentant une nécessité intérieure, c’est-à-dire trouver la forme qui m’est nécessaire, où je me sens en accord musical intérieur.
Comme le disent souvent les artistes, est-il vrai aussi pour toi que « plus on crée, plus on a d’idées, et plus on a besoin de créer »?
Peindre devient une nécessité: plus on peint, et plus on a besoin de peindre. C’est une quête incessante et passionnante, stimulante, exigeante, dérangeante et déroutante…et bien de choses encore !
Quels sont tes peintres préférés?
. Cézanne et ses dernières « Sainte Victoire »
. Van Gogh et ses paysages d’Auvers-sur-oise
. Bissière et son journal pictural
. Viera da silva et ses harmonies colorées
. Bazaine et Manessier pour la musicalité de leur vitraux et leurs qualités humaines.
. La peinture chinoise (Shi Tao) et ses paysages rêvés.
Que recherches-tu en exposant ?
Je cherche à partager un même ressenti avec le spectateur, et à le toucher: par une émotion des formes et des couleurs qui se combinent, et par le dépassement de l’aspect figuratif. C’est pourquoi j’estime important d’être là quand j’expose.
Propos recueillis par Madeleine Delgrange, janvier 2008






















